Joyeuses Pâques
D'une certaine façon, j'apprécie Benoît XVI.
Benoît XVI, vient de dénoncer l'"apostasie": les valeurs aussi sacrées que la défense du mariage, de la famille, de la vie et de l'embryon sont bafouées par des textes légalisant des pratiques - divorce banalisé, unions homosexuelles, euthanasie, IVG, manipulations génétiques - qui risquent de mettre l'Europe "en congé de l'Histoire". Il rappelle son combat contre les "tendances laïcistes et relativistes". Enfin, en mai, l'ancien rite de l'Église (messe en latin dos tourné au peuple) sera admis (source: Le Monde, «L'Église à reculons»).
Au moins, ça a le mérite de la franchise et de la clarté. Et, la messe en latin, peu importe: les gens n'écoutent pas ce qui est dit à la messe, un peu comme un chien n'entend que l'intonation (et vient si on lui dit "va-t-en" sur le même ton que "Médor!"). Bien entendu, les manipulations génétiques ne sont pas proscrites pour des raisons écologiques, dernier souci de l'Église, après même le bien-être des individus, mais pour cause de tabou. Et le "dos tourné au peuple" ne devrait pas déplaire à certains.
Je n'aime par contre pas du tout l'amalgame possible entre "tendances laïcistes et relativistes".
Évidemment, je suis partisan de libérer l'État de l'influence des sectes (et même des lobbies idéologiques en général, mais là...) et d'y instituer autant que possible les principes du réalisme et de la rationalité (on peut rêver). Il va de soi qu'on n'a pas à mentionner «Dieu» ou le christianisme dans nos Textes, pas plus que le légendaire ouvrier Stakhanov ou le marxisme.
Le terme «relativistes» est trompeur. S'il s'agit du relativisme des valeurs, c'est un moindre mal: l'Église réaffirme seulement le primat de ses valeurs (famille...) sur d'autres (liberté...). Ainsi, pour aimer la liberté, il faudrait être relativiste; l'Église ne semble même pas imaginer qu'on puisse affirmer la valeur absolue de la liberté devant toute contrainte dogmatique ou surmoïque. Or la famille n'est pas du tout une valeur objective mais seulement un choix de vie personnel permis, justement, par la liberté. S'il s'agit du relativisme épistémologique, c'est vicieux car cela oppose la vérité absolue révélée à tout le reste, parmi quoi la conception d'un monde réel objectif que l'on peut connaître par l'observation. C'est lui le véritable ennemi de l'Église et c'est bien pour cela qu'il est assimilé tantôt aux matérialistes marxistes (qui professent que les valeurs peuvent être découvertes scientifiquement), tantôt aux relativistes (qui professent que la science n'est qu'une croyance parmi d'autres).
08/04/07 - 13:05
C'est déprimant, ils vont droit dans le mur...dire que le thomisme, base de la théologie catholique, avait réuni en son temps raison et foi...
Saint Thomas d'Aquin, priez pour nous !
furyo