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(mis à jour vendredi 6 avril 2007 à 15:03)

26/04/2007

26/04/07 - 11:02

Prozac forever

Quelqu'un avait dit sur GA «les enfants sont l'équivalent hétérosexuel du chien». Et c vrai que la comparaison ne doit pas être si mauvaise puisqu'on n'arrive pas à déterminer lesquels, entre enfants et chiens, pourraient légitimement s'en plaindre. Elle me semble pertinente quant à leur utilisation par certains pour affirmer leur autorité ou passer leurs névroses. Je me rappelle cette scène du dessin animé de Walt Disney des 101 Dalmatiens où l'on voit défiler dans un parc divers chiens avec leur maître, adoptant des postures très similaires, le maître snob ayant un chien snob, etc.

Car si la névrose n'est pas génétique, elle est parfois héréditaire. Et quand elle ne l'est pas, c'est simplement que le schéma d'influence est plus complexe, un trouble X entraînant par contact prolongé, surtout durant la prime enfance, un trouble Y qui, éventuellement, induit à nouveau le trouble X à la génération suivante. Oui, les parents sont responsables des névroses de leurs enfants; responsables quoique pas forcément coupables.

En tout cas, les troubles des enfants sont traités (à défaut d'être soignés) comme ceux des adultes, et, notamment par des antidépresseurs. La chose est déjà étonnante pour les adultes de médicaliser un trouble qui est peut-être plutôt dû à des conditions de vie aberrantes d'une société absurde mais on peut se dire, là au moins, qu'on ne peut rien y changer au niveau individuel. Pour l'enfant dans une famille, les choses sont tout de même différentes et il semble bien qu'il s'agisse de ne remettre en aucun cas la liberté des parents de faire ce qu'ils veulent de leur enfant, notamment le rendre aussi cinglé qu'eux. Certes, les agressions corporelles ne sont plus admises de nos jours: ce fut un progrès du XXème siècle que de reconnaître les droits de l'enfant: d'abord, de ne pas être castré (l'Église romaine renonça à utiliser des castrats en 1903 après que la mutilation eut été officiellement interdite en 1870 lors de la réunification de l'Italie et de l'adoption du Code français, Moreschi étant le dernier, mutilé en 1865), puis de ne pas être abusé sexuellement (l'Église a décidé récemment de ne plus couvrir les prêtres péd0 philes) et enfin de ne pas être battu au point que cela soit visible.

Par contre, toutes les agressions psychologiques restent permises: harcèlement, dénigrement, sadisme, hystérie, obsession ou angoisse contagieuses... Il serait inconvenant de dire que si un enfant va vers un adulte péd0 phile, c'est certes que l'adulte a des problèmes, mais aussi que l'enfant recherche désespérément un amour qu'il ne trouve pas chez ses parents ou qu'il tente d'échapper à l'enfer familial. Car, souvent, ces enfers familiaux sont créés par des gens très bien et sont pavés officiellement des meilleures intentions. Ces enfers font beaucoup plus de mal que tous les péd0 philes réunis. Et, bien sûr, que ne pourrait en causer en soi un couple "homoparental".

Donc, plutôt que d'incriminer des citoyens au-dessus de tout soupçon, on supprime les symptômes gênants de l'enfant. Il a l'outrecuidance de voir le roi nu, hideux, stupide et méchant; on lui brouille la vision et on le rend muet avec force châtiments plus ou moins élaborés. Il manifeste malgré tout par toutes ses pores son mal-être dans un monde-de-merde (™Nico), on le drogue afin qu'il croie être au nirvana. Les adultes ont toujours raison.

Au États-Unis tout particulièrement, le traitement psychochimique des enfants est banal. Depuis 20 ans, le Prozac leur est couramment prescrit au long cours. Récemment, le laboratoire pharmaceutique Lilly a obtenu l'aval des autorités américaines pour qu'il soit désormais aussi vendu pour traiter l'angoisse des chiens. Ainsi, le chien devient pleinement équivalent aux enfants. Happy new world!

La dépêche Reuters est éloquente:
«
Reconstitué sous forme de comprimé masticable ayant la saveur de la viande de boeuf, le Prozac, rebaptisé Reconcile, a été approuvé par la FDA (Food and Drug Administration), a indiqué mercredi le fabricant.

"Les recherches effectuées par Lilly montrent que 10,7 millions de chiens, soit 17% des chiens américains, souffrent d'anxiété liée à la séparation", argumente Steve Connell, un cadre de la compagnie.

L'anxiété canine peut se manifester lorsque les toutous sont laissés seuls par leurs maîtres, et elle se signale par une série de comportements indésirables comme l'envie de détruire, des aboiements excessifs, des désordres alimentaires, des pipis et cacas ici et là dans la maison.

Le Prozac, selon Lilly, peut réduire sensiblement le désarroi du chien qui se sent abandonné.
»

Oui, «le désarroi du chien qui se sent abandonné»; que va-t-il donc imaginer!

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