«STOP à l'homophobie!»
Je lis, dans le manifeste du groupe STOP à l'homophobie!: «Nous n'avons pas demandé à être attirés par le même sexe que le nôtre, ce n'est pas un choix, donc, ensemble, relevons-nous et disons NON à l'homophobie, ici et ailleurs à travers le monde, OUI à l'égalité universelle des droits fondamentaux de l'être humain».
Je crains qu'il y ait confusion. D'une part, le pédophile non plus, n'a «pas demandé à être attiré» par les enfants et ce n'est pas une raison pour le laisser donner libre cours à ses pulsions. En aucune façon, un caractère inné ou acquis involontairement ne peut être une justification. D'autre part, invoquer le non-choix est déjà se placer comme coupable quoique non responsable. C'est déjà admettre que l'homosexualité est un défaut, une nuisance, un état «moralement inférieur» qui serait excusable puisque involontaire et appellerait donc à l'indulgence de la loi et à la tolérance de la population.
Que l'homosexualité soit innée ou acquise, volontaire ou involontaire, n'a pas à intervenir: elle relève de la liberté de l'individu et de sa vie privée, donc doit être permise sans restriction par la loi et protégée de la diffamation, de l'injure et de la discrimination.
L'invocation du caractère involontaire fait en quelque sorte appel à la pitié et ce n'est pas forcément une bonne idée car cela ouvre la voie à toutes sortes d'approches thérapeutiques. Or, on a tout de même le droit, au minimum, de ne pas se soigner des «maladies» qui ne nous gênent pas, ou qui nous gênent moins que ne nous gêneraient les soins. Il fut un temps où l'on tentait de corriger les gauchers et de forcer une latéralisation à droite ; le résultat était presque aussi piteux que pour la cure de l'homosexualité. Très lentement, un demi siècle après Canguilhem, le corps médical s'habitue à l'idée qu'il appartient au supposé «malade», d'abord, de décider s'il est malade et le cas échéant s'il faut soigner cette maladie.
Le second aspect est l'homosexualité publique qui réclame les mêmes droits que l'hétérosexualité, donc dans les limites légales de la «pudeur». Or, le manque d'anticipation du législateur napoléonien et de ses avatars autant que la supposée égalité des êtres humains ne permet en aucun cas de traiter différemment les échanges affectifs entre personnes du même sexe. Cela choque certains, comme d'autres choses peuvent choquer d'autres individus ; peu importe. Ici, l'homosexualité s'apparenterait à l'obésité. Il n'est certainement pas plus désagréable pour les yeux de voir deux garçons s'embrasser que d'apercevoir, débordant du pantalon, des bourrelets de graisse.
En revanche, on ne peut exciper de la liberté de l'individu et de sa vie privée pour demander voire exiger d'être perçu positivement. Cela ne me choque nullement que l'homosexualité ne soit pas perçue positivement par certaines personnes. Après tout, c'est leur droit le plus strict que d'avoir une opinion et des jugements de valeur. Après tout, je ne me suis moi-même jamais interdit de penser que les bigots étaient des crétins et des malades mentaux. Après tout, ce genre de choses ne se décrètent pas et il appartient à celui qui veut plaire de convaincre.
24/06/07 - 15:56
Lu et approuvé.
zerosix