09/10/2007Les béachèlantesDe fil en aiguille, g revu divers articles et vidéos concernant notre Danube (Seine?) de la Pensée national, Bernard-Henry Levy.
D'abord, le dernier billet de Authueil, Combat de coqs.
Ensuite, une page qui indexe quelques vidéos fameuses de notre génie de la Montagne Ste Geneviève dont:
- son entartage en 1985 et sa rodomontade puérile, agressive et grotesque, appuyée par ses gardes du corps, commentée par Desproges... (lien direct)
- son interview inepte où il nous apprend que «'racaille' contient 'race'» un peu comme 'Nazareth' contient 'nazi'... (évidemment, étymologiquement, ça n'a rien à voir: le mot vient de l'anglo-normand 'rascaille' en 1134, issu du latin rasicare).
- une interview où notre demi-intellectuel demi-mondain demi-milliardaire (en €) cherche des raisons ridiculement compliquées au fait qu'il n'est «plus» marxiste... (qu'il ne l'est pas, cela peut lui être accordé: il est à l'origine d'une pétition pour soutenir les contras au Nicaragua).
- un autre qui outre le précédent entartage de BHL présente le plus récent entartage, au Salon du Livre 2007 (video), lequel fut double (6ème et 7ème, donc...), malgré 6 gardes du corps. cf. aussi Nouvel Obs.
- une interview sur son livre American vertigo où, après avoir vécu un an aux États-Unis, il s'identifie à rien de moins que Tocqueville mais accumule les platitudes les plus éculées dans un anglais de lycéen...

Autour de ce dernier ouvrage,
- l'express livres finalement moins servilement obséquieux que Le Monde des Livres ou Le Point où il a son billet hebdomadaire, où Albert Sebag, chef de service à l’hebdomadaire est membre du comité de rédaction de La Règle du jeu, la propre revue littéraire de BHL... Pour trouver pire, il faut aller en Corée du nord.
- BHL : L’homme qui prétendait conquérir l’Amérique à coups de cocktails avec des éléments biographiques croustillants
Le livre de Nicolas Beau et Olivier Toscer est sans doute la plus accablante de ces enquêtes. À partir d’éléments factuels vérifiables, elle nous dresse un portrait édifiant : l’homme qui, à longueur d’essais, éditoriaux et interviews, ne cesse de dire le bien, le beau et le juste, apparaît comme un véritable tyran du microcosme éditorial, capable d’user de chantages et de menaces pour faire taire tout journaliste critique sur l’une de ses œuvres ; un homme de « réseaux » qui cumule les « titres », les « fonctions » et les sources de revenus dans le monde journalistique et culturel (auteur, éditorialiste, directeur de collection, membre de « conseils de surveillance », « comités éditoriaux » et autres « commission d’avance sur recette »...) ; un hommes d’affaires avisé qui gère d’une main de maître le capital faramineux dont il a hérité de son père; un homme qui dirige une entreprise (la BECOB) dénoncée par une ONG comme l’une des pires entreprises de déforestation de l’Afrique, traitant ses employés africains comme des «semi-esclaves».
Faire écrire ses louanges dans la grande presse par une jeune employée forcément dévouée ? Un fantasme pour n’importe quel écrivain. Une pratique habituelle pour Bernard-Henri Lévy. L’article publié dans les colonnes du Monde n’était pas signé par une journaliste habituelle du quotidien... mais par une collaboratrice occasionnelle, Lila Azam Zanganeh qui est la correspondante à New York de La Règle du jeu, revue littéraire de BHL! La vraie correspondante permanente du Monde aux États-Unis, Corine Lesnes a lu le premier épisode du carnet de voyage de BHL a jugé que le peu d’intérêt de l’ensemble ne justifiait pas un article dans le quotidien de référence à Paris, mais simplement quelques notations sur son blog, son journal personnel sur Internet: « Côté américain, il n’est pas sûr que les lecteurs apprennent grand-chose sur eux-mêmes. Ceux qui attendaient un effet miroir à la Tocqueville sont un peu étonnés. Voilà un écrivain qui vient leur raconter des banalités et leur expliquer en anglais que, dans les Mall, il y a des Mall walkers (il y a des gens qui font de l’exercice en marchant dans les galeries marchandes)».
- NY Times Dick Howard, professeur de philosophie francophile à la Stony Brook University: «Bernard-Henri Lévy existe dans quelques cercles gravitant autour des revues branchées comme Atlantic Monthly ou même Vanity Fair. Mais pour le New York Times, qui reste la référence en termes intellectuels ici, il n’est rien»
- The Lies of Bernard-Henri Lévy Cette chemise blanche déboutonnée est un élément important de l'image publique de BHL; ses chemises sont spécialement confectionnées par le couturier Charvet, qui restent bien en place, "sans faire débraillé", malgré le déboutonnage. L'effet coûte 350 € pièce, mais BHL est un homme très riche, selon Capital, dans les 100 premières fortunes de France.
Dans une interview au New York magazine, BHL prétendit que son “tour en Amérique fut assombri par 3 choses: la guerre en Iraq, l'élection, et Katrina.” Quand le journaliste lui fit remarquer que Katrina “n'avait alors pas encore frappé quand il écrivait le livre,” BHL s'en tira par une pirouette: “L'ombre menaçante de Katrina. J'étais à la Nouvelle Orleans 4 ou 5 mois avant Katrina, et j'ai plus ou moins pressenti ce qui allait arriver”.
- Sunday Times une autoparodie?
- BERNARD-HENRI LEVY: A French Imposter où l'on voit que les Américains ne sont pas si bêtes qu'on voudrait le faire croire.
- Chroniques béachéliennes zut, ils m'ont presque piqué mon titre! mais c excellent et terrifiant.
une icône d'une société malade de medias où la simple apparance pèse plus que la substance des choses.
Au Point, l’hebdomadaire du milliardaire François Pinault, ami intime de l’écrivain, a prévu de consacrer la couverture du 2 mars à son chroniqueur, une semaine avant la sortie du livre en librairie, avec une interview-fleuve de BHL. La publication en avant-première d’extraits d’American Vertigo a, elle, été réservée au magazine Lire (filiale du groupe Express), qui lui consacrera aussi sa couverture. Le passage télévisuel obligé chez Thierry Ardisson a également été calé de longue date, comme pour chaque nouvelle œuvre de l’écrivain.
- Pitié pour Tocqueville ! (oui, lisez toutes les pages sur arenes.fr!).
Le Los Angeles Times: « Mis à part le fait qu’Alexis de Tocqueville et Bernard-Henri Lévy sont tous les deux français, il n’ont rien en commun. Tocqueville était un juriste imprégné de pragmatisme et d’idéaux moraux. M.Lévy est u intellectuel à paillettes, beau parleur un peu snob».
The New York Times: «Tout Américain qui voudrait écrire un livre pour expliquer la France aux Français devrait d’abord lire celui-ci pour connaître les pièges à éviter (…) Le lecteur est fasciné et épuisé par la pensée ennuyeuse de Lévy (…) C’est l’excursion habituelle, bizarre, boursouflée, fanatique et faussement culturelle qu’adorent les journalistes européens depuis cinquante ans (…) Toutes les dix pages ou à peu près, Lévy fonce dans le mur (…) Il écrit comme un étudiant cherchant à remplir sa copie d’examen».
Oui, vraiment, lisez plutôt Tocqueville, c plus d'actualité. BHL n'a rien d'un Tocqueville; si l'on veut une comparaison, ce serait plutôt avec le Perrichon de Labiche.
Et, déjà...
- DELEUZE: A propos des nouveaux philosophes et d'un problème plus général où tout-à-coup, vous aimez Deleuze...
Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides. Avec ces deux procédés, ils cassent le travail. Car ça fait déjà un certain temps que, dans toutes sortes de domaines, les gens travaillent pour éviter ces dangers-là. On essaie de former des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. Ce retour massif à un auteur ou à un sujet vide très vaniteux, et à des concepts sommaires stéréotypés, représente une force de réaction fâcheuse. C’est conforme à la réforme Haby : un sérieux allègement du « programme » de la philosophie.
- La critique du Testament de Dieu de Bernard-Henry Lévy par Pierre Vidal-Naquet en 1979
il fourmille littéralement d’erreurs grossières, d’à-peu-près, de citations fausses, ou d’affirmations délirantes. Devant l’énorme tapage publicitaire dont bénéficie cet ouvrage, il importe de rétablir, dam les discussions intellectuelles, un minimum de probité: il place au « 7e jour » (p. 238) de la création le péché originel. Il faut croire qu’Adam et Ève ont profité du repos du Seigneur ; prenant le Pirée pour un homme, il fait (p. 79) d’Halicarnasse un auteur grec ; de l’Antigone de Sophocle, tragédie représentée à Athènes en 442 av. J.-C. et dont l’action se passe dans la Thèbes du second millénaire, il fait une pièce qui nous informe sur Thèbes à la fin du Ve siècle (p. 87); Bernard-Henri Lévy cite (p. 278, note 49) la « déposition d’Himmler » au procès de Nuremberg alors que Himmler s’est suicidé après son arrestation, par les troupes anglaises, le 23 mai 1945...
- L’industrie du vide par Cornelius Castoriadis, Le Nouvel Observateur, 9 juillet 1979
Le respect des standards formels de rigueur n’est pas une question « formelle ». Le critique doit me dire si l’auteur invente des faits et des citations, soit gratuitement, ce qui crée une présomption d’ignorance et d’irresponsabilité, soit pour les besoins de sa cause, ce qui crée une présomption de malhonnêteté intellectuelle. Faire cela, ce n’est pas être un cuistre, mais faire son travail.
Le constat de PVN était sans appel, déjà en 1979. Mais, bon, on soupçonnait dès 1602 que fumer était mauvais pour la santé et on savait déjà vers 1920 que ça causait le cancer...
Enfin, notre penseur cosmoplanétaire a remporté le prix de « La pire phrase de 2006 »: « il est difficile de ne pas lier cette provocation, la publication délibérée de ces caricatures, la quasi-livraison à domicile d’un journal danois dont personne ne pouvait avoir deviné qu’il avait autant de lecteurs dans le monde musulman, il est difficile de ne pas lier, ce blasphème auto-infligé, cette offense calculée (calculée, comprenez par les organisateurs de la diffusion des caricatures), il est difficile de ne pas lier ce blasphème à une nouvelle configuration planétaire, elle-même déterminée par trois récents et importants événements».
J'avoue que je ne connais pas BHL en tant que philosophe. S'il a écrit de la philosophie, il l'a sans doute gardée dans un coffre à n'ouvrir que 50 ans après sa mort. En fait, j'avais cru comprendre qu'il était essayiste. Hélas, cela paraît tout aussi peu plausible si l'on tente une comparaison avec Paul Valéry ou même seulement Umberto Eco. Finalement, ayant écouté la dernière vidéo, je me dis qu'il n'aurait pas été forcément plus mauvais journaliste ou politicien que ceux que nous avons actuellement. Le principe de Peter a encore frappé.
Selon le bottin normalien, il est de la promotion Ulm Lettres 1968 (tiens, il ne jetait pas des pavés?) et agrégé de philo mais se dit «écrivain» (ouf, mais je dirais plutôt "écrivant"). Circonstance atténuante, il fut l'élève de Jacques Derrida et de Louis Althusser.
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09/10/07 - 21:12
je croyais qu'il s'agissait d'un éditeur blindé de thûnes, adepte de la bienséance pimbêche.
autant pour moi, j'ai du me tromper. :o
arth1ur (en errance) (visiteur)