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(mis à jour vendredi 6 avril 2007 à 15:03)

06/07/2008

06/07/08 - 15:53

Bike-émissaire

Le loup et l'agneau

Heurs et malheurs du Vélib' parisien (Le Monde)

À qui voudrait affecter de croire que Le Monde est un journal de gauche, il suffira de ressortir les périodiques diatribes de ses éditorialistes contre le vélo à Paris. Cette fois, on y cloue au pilori Baupin, Delanoé, Huchon, Lepetit, Baupin et encore Baupin. Ayant désigné l'ennemi, le lobby automobiliste ne recule devant rien pour défendre ses intérêts et présente un argumentaire aussi malhonnête que, cette fois, odieux. En effet, suite à la mort de 2 cyclistes Velib, l'auteur de l'article en profite pour dresser un réquisitoire contre... les cyclistes. Un peu comme si les armuriers défendaient le droit de s'exercer au tir dans la rue en accusant ces passants imprudents qui traversent sans prévenir et ne portent pas de gilet pare-balles!

Comme d'habitude, on a droit à des statistiques fallacieuses puis à une analyse où l'idiotie ne semble limitée que par la mauvaise foi : 2 à 5 cyclistes morts à Paris chaque année deviennent la preuve irréfragable qu'il faut sanctionner encore davantage le non-respect du Code de la Route (si ce n'est toi, c donc ton frère!) et imposer le port du casque à tous ces irresponsables. Ainsi, une fois de plus, il s'agit de décourager le cycliste en le surchargeant de contraintes, pour son bien, évidemment. L'auteur reconnaît pourtant qu'il meurt 2 fois plus de piétons mais n'en tire pas la même conclusion pour eux. Il faut dire que les statistiques sont reprises telles quelles sans la moindre interrogation sur leur signification : peu importe, on trouve un chiffon rouge, on le ramasse, on l'agite. On brandit une accumulation de chiffres, avec autant de redondances que de lacunes, mélangeant allègrement (aucune allusion, ici, à l'ancien ministre) nombre absolu de A par rapport au nombre de A', pourcentage de A qui sont B, pourcentage de B qui sont A, pourcentage d'évolution...

Avant toute chose, il faut préciser ce qu'on veut calculer, sans quoi on se retrouve rapidement à ajouter des kg, des m² et des € ou bien à classifier les chats avec les chaises et tout ce qui a 4 pieds. Si on veut évaluer le risque pour un mode de déplacement, on rapporte le nombre de tués au nombre d'usagers du moyen de transport et l'on constate que le 2-roues est plus risqué que la voiture, ce dont chacun aurait pu se douter. Une recherche plus poussée montrerait même que le cycliste est généralement le tué et l'automobiliste le tueur. Si l'on peut s'inquiéter de la hausse du nombre de victimes, il faut, pour en déduire qqch sur le comportement, rapporter celle-ci à la hausse du trafic. Celui-ci a doublé en 7 ans ; le nombre d'accidents a un peu augmenté. Si l'on peut suggérer qu'un scaphandre blindé pourrait sauver des vies, la moindre des choses est de rapporter le nombre de vies ainsi sauvées au désagrément induit et au nombre de vies perdues ailleurs. En l'occurrence, l'utilité du casque est marginale pour le vélo en ville ; le casque serait en fait aussi utile au piéton, et plus dans l'absolu puisqu'ils sont plus nombreux. Mais peu importe, il s'agit de faire casquer le cycliste...

Quant au Code de la Route, il n'est pas respecté, le plus souvent, lorsqu'il est absurde pour un vélo, considéré par le législateur comme un véhicule soumis aux mêmes règlements qu'un semi-remorque de 38 t. Le non-respect gênant ou dangereux n'est en fait pas plus fréquent chez les cyclistes que chez les automobilistes ; avec la différence essentielle que ce dernier risque la vie des autres. Le piéton est de très loin le moins respectueux du Code mais rares sont les automobilistes tués, même indirectement, à cause d'un piéton. Un piéton qui traverse au vert (des voitures) et les oblige à freiner ne risque en pratique aucune amende ; un vélo qui passe à 5 km/h au rouge alors qu'il n'y a personne risque la même amende (90 € à 425 €) qu'un camion qui le grille en fonçant à 50 km/h et oblige les piétons à s'écarter s'ils le peuvent. En tout état de cause, le non-respect du Code de la Route, surtout par les vélos, a une incidence marginale sur les accidents car la vigilance est alors redoublée. L'essentiel des accidents sont dus à la conduite dangereuse, des uns ou des autres, que nul Code ne pourra jamais parfaitement codifier. L'ouverture impromptue d'une portière a fait bien plus de victimes cyclistes que le non-respect par eux de feux rouges inutiles pour eux.

Alors, on se dit que l'auteur de l'article n'est pas complètement crétin et fumiste, que les 2 cyclistes tués l'ont été, justement, du fait du non-respect du Code de la Route et/ou de l'absence de casque. Même pas : l'un a été écrasé par un bus imprudent loin de tout feu rouge et l'autre par un camion de chantier fou dont le conducteur portait le casque obligatoire. On voit mal en quoi ce serait l'illustration d'une «conduite ahurissante, comme si le sentiment de liberté que procure le vélo tournait à l'ivresse» ou bien d'un «état d'esprit  - le rejet de toute contrainte - qui s'exprime aussi dans les refus de priorité» (il serait intéressant, d'ailleurs, de compter les refus de priorité des uns aux autres et réciproquement). Un modeste pigiste se serait senti obligé d'équilibrer son article en critiquant quelque peu le véhicule à moteur, incontestablement gênant et dangereux, à un degré qui permet de négliger tout le reste. Cela est encore trop inconvenant pour un «éditorialiste», qui se doit de ne montrer aucune faiblesse et d'assener ses jugements de valeur et ses arguments imprécatoires avec l'arrogance de celui qui détient le pouvoir de dire le vrai. L'argument d'autorité ne peut être efficace que parfaitement refermé sur lui-même.

Ainsi, le coupable n'est certainement pas la voiture particulière qui occupe 10 à 500 fois plus de place que le passager : 0.12 m² pour l'usager du métro L13 aux heures de pointe contre 70 m² en voiture (à 50 km/h avec la distance de sécurité). Ce n'est pas non plus le véhicule à carcasse qui rend les accidents graves ou mortels du fait du poids, de la vitesse, des parties coupantes ou contondantes. Ce n'est pas non plus le véhicule à moteur qui intoxique les autres usagers de la voirie et dégrade lentement mais inéluctablement la santé des riverains. C'est bien davantage, on l'a vu, la faute irrémissible de ces cyclistes qui «prolifèrent» (quoiqu'ils ne représentent que 2% du trafic, et <0.1% de l'espace occupé) et de leur vélo qui néanmoins «ne deviendra jamais un moyen de transport de masse quotidien» mais qui narguent scandaleusement «les automobilistes scotchés dans les embouteillages». En fait, surtout, la faute en incombe à Denis Baupin qui a «réduit les places de stationnement de façon drastique sans se préoccuper des conséquences en termes de coûts pour les usagers et de pollution supplémentaire», qui s'est «occupé à compliquer la vie des automobilistes» (alors qu'il a avant tout empoisonné la vie des cyclistes) et «n'avait pas anticipé les effets pervers, [le développement des deux-roues motorisés] mode de transport polluant, accidentogène». Il faudrait donc s'émouvoir de ce que les automobilistes ne puissent plus, ou moins qu'avant, faire payer par les autres leur consommation de ressources et les graves préjudices qu'il causent. Le traitement de la voiture dans les sociétés des pays "développés" n'a rien à envier à celui des humains bien au contraire : essayez donc, avec un campement, d'occuper nuit et jour 5 à 7 m² de voirie, de gêner le passage au risque de blesser ou tuer, de dégager des substances polluantes (désagréables mais, aussi, toxiques) et de faire autant de bruit qu'une voiture (avec un groupe électrogène, par ex.)... On déporte des SDF pour bien moins que ça.

Une vision aussi primairement égoïste laisse penser à de l'ironie mais le lecteur est aussitôt détrompé car notre inénarrable narrateur enchaîne : «la place de la voiture a été réduite pendant le premier mandat de M. Delanoë, sans que l'offre de transports en commun de surface ait connu la mue, qualitative et quantitative, que l'usager était en droit d'attendre». On sent qu'on échappe provisoirement à la demande d'un plan autoroutier pompidolesque voire aux projets pharaoniques d'autoroutes souterraines, tel le fort justement nommé ICARE... Cependant, là encore, on reste dans l'optique «je fais ce que je veux aux dépens de la société ; à elle de payer la carotte (pas le bâton) pour me convaincre de faire autre chose». Pas une seule fois, notre auteur (pas de lien étymologique avec auto, pourtant?), ni d'ailleurs nombre de politiciens, ne questionnent le droit à l'auto. Pourtant, une ville sans voitures non-indispensables, ce serait un espace urbain 2 fois plus vaste, des dizaines de milliers d'arbres en plus, des (centaines de) milliers d'années de vie en plus, des milliers d'années de maladie ou convalescence en moins. Mais peu importe : les gouvernants sont trop occupés à réfléchir sur des choses réellement importantes comme le respect de la bonne moralité.

Certes, le moins qu'on puisse dire est que les projets de transport en IDF brillent par leur modestie : pas même 1 nouvelle station de métro/train par an! Incroyablement, la France d'aujourd'hui est censée avoir un PIB des dizaines de fois supérieur à celle du début du XXème siècle, laquelle inaugurait pourtant les stations de métro par dizaines chaque année. Si la situation n'est pas totalement catastrophique, il faut en être reconnaissant à Michel Rocard, Premier ministre lucide et honnête, donc éphémère, qui avait osé lancer deux grands projets (Eole et Meteor). Le XXIème siècle accouche laborieusement de 1 ligne de tramway à Paris et en fait un événement alors que le début du XXème siècle en créait par dizaines. Le lecteur s'attend donc, au dernier paragraphe, à un magistral retournement rhétorique : non, l'auteur ne faisait que caricaturer la pensée de l'automobiliste irascible, brute épaisse sans aucun recul devant son stupéfiant droit de nuire ; on allait lire soudain, enfin, un vibrant plaidoyer en faveur d'investissements majeurs pour les transports en commun...

Si les investissements sont aussi dérisoires alors que notre pays est si riche, il faut s'en prendre aux décisionnaires. Notre brillant éditorialiste s'empresse donc de mentionner que le «contrôle du STIF a été transféré aux élus, notamment ceux de Paris et de la région Ile-de-France» mais qu'il y a des «désaccords entre M. Delanoë et Jean-Paul Huchon». Las, contre toute attente, il explique simplement que ces «désaccords» empêchent «de mettre vraiment la pression sur la RATP» pour le «respect des engagements pris» notamment en matière de qualité du service. Pas un mot sur le sous-investissement chronique, extrême depuis 10 ans, au profit du plan autoroutier. Notre suppôt tomobile est aussi, clairement, celui de la droite : après avoir nommé et stigmatisé 5 personnalités de gauche, il omet curieusement de mentionner que le président de la RATP est un proche de Chirac et Villepin, et que les crédits pour les grosses infrastructures sont inévitablement du ressort de l'État.

[mod. 2008-07-11][mod. 2008-07-16]

commentaires

06/07/08 - 16:08

Qui est l'auteur de l'article auquel tu fais allusion dans "Le Monde" de quel jour ?
Merci :-)
(bien d'accord avec ta réponse mais j'aimerais lire l'article...)

06/07/08 - 16:11

Jean-Louis Andreani
Editorialiste

le lien dans le texte ne marche pas?

(www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/05/heurs-et-malheurs-du-velib-parisien_1066796_3224.html)

06/07/08 - 17:06

Ah, merci !

06/07/08 - 17:12

je cite : "un vélo qui passe à 5 km/h au rouge alors qu'il n'y a personne risque la même amende (90 € à 425 €) qu'un camion qui fonce à 50 km/h et oblige les piétons à s'écarter"

Faudrait quand meme comprendre que le vélo qui passe au rouge,c'est pas qu'il soit réellement dangeureux pour les autres, mais que c'est plutot le camion qui passe au vert qui est un danger pour le vélo. Apres, y'a toujours un imbecile pour dire que c'est la faute des camions !

06/07/08 - 17:13

au moins l'équipe de Delanoë se casse le cul pour faire des trucs.
Ceci dit ici à Bordeaux TOUS les cyclistes grillent les feux rouges et si tu en tue un tu seras emmerdé jusque la fin de tes jours.
Un peu de discipline et apprenons à vivre ensemble

06/07/08 - 17:19

I don't follow your logic...

mais, bon, g corrigé pour les mal-comprenants :)

06/07/08 - 22:18

Excellent coup de gueule pour un article du Monde qui respirait la mauvaise foi sous des airs faussement objectifs. Heureusement, il est corrigé par les réactions des lecteurs (disponibles sur le site, uniquement, il est vrai) : elles sont heureusement nombreuses et indignées.

07/07/08 - 00:24

L'article respire la mauvaise foi, mais la réplique n'est pas mieux.

Pour info, Valerio, les poids lourds respectent le même code de la route certes, mais AVEC des disposition spécifiques en plus. De plus, passe le permis poids-lourds et on en reparle (je connais moi).

Les feux ne sont pas une invention pour emmerder les cyclistes, les sens interdits non plus. Qu'il y ait des problèmes soit, je le vois tous les jours, parce que malheureusement le code de la route, le respect des autres et la courtoisie (qui EST dans le code de la route) manquent à tout le monde (camions, bus, voitures, cyclistes, piétons).

On ajoute une politique vélo à Paris qui est la limite du foutage de gueule (va voir les pistes cyclables des maréchaux sud…) avec une voirie qui cherche à rendre la rue plus dangereuse et non plus sure, en poussant le vélo sans revoir la voirie dans la séparation comme ça s'est fait ailleurs (où ça se passe bien), c'est mettre la charrue avant les bœufs.

La ville a créé une situation de crise pour avancer ses pions, au lieux d'un développement et d'un passage au vélo responsable et raisonné. Ça fait des morts. Point.

07/07/08 - 01:02

Héééééééééé, je ne défends absolument pas la politique vélo de la Ville de Paris!!!

Sur ce qu'en pensent les cyclistes, voir par exemple:
http:// (Denis Baupin fier de l’expérience du boulevard de Magenta)
http:// (La piste cyclable du boulevard Magenta)
http:// (le plus court chemin pour aller de vie à trépas)
etc.

les pistes cyclables semblent faites pour maximiser les problèmes. Et encore, quelques cyclistes sont parvenus à s'incruster dans les réunions Baupin sectaires qui ne comprenaient quasiment pas d'usagers du vélo.


Désolé, mais la réplique à la réplique est complètement à côté de la plaque. Au lieu de te placer au-dessus des protagonistes, tu ferais mieux de lire et d'argumenter avec un minimum de précision.

«des disposition spécifiques en plus»: je veux bien mais j'aimerais apprendre lesquelles.

«passe le permis poids-lourds et on en reparle»: généralement, quand je vois ce genre de commentaire, sorte d'attaque gratuite avec argument d'autorité, je vire...

«respect des autres et la courtoisie»: ça manque surtout aux automobilistes, là tu es bien le premier à mettre tout le monde au même niveau (et toi au-dessus?)

«Les feux ne sont pas une invention pour emmerder les cyclistes»: et alors?

En fait, ya 20 ans, la police comprenait parfaitement que certains ne servaient à rien pour les vélos. Malheureusement, la Ville (Delanoé) a appuyé la Préfecture pour imposer le strict respect du Code par les vélos.

L'argument évident est que, en général, un vélo lent devrait être assimilé à un piéton et non à une voiture ou camion.

Quelques exemples:
- feu rouge piétonnier en l'absence de piéton, => feu vert pour le vélo et stop pour les voitures
- feu rouge de petit carrefour => stop et orange clignotant pour les vélos
- feu rouge de carrefour mais tourne à droite => flèche orange clignotante pour les vélos (et pour les voitures si plusieurs files)

de manière générale, ne pas sanctionner lorsqu'il n'y a ni possibilité de gêne ni possibilité de danger même pour la personne.

etc.

dernier point: la législation méprise la Constitution
- les lois doivent être justifiées, pas seulement par les obsessions ou la fainéantise du législateur
- les amendes doivent être proportionnées
c délirant qu'un vélo qui grille un feu rouge doive payer entre 1 et 4 fois son prix!

07/07/08 - 11:32

oh, calinocub est un gentil bon gros troll!

07/07/08 - 18:05

Quel est le sens de la comparaison entre Paris 1900 et Paris 2008?
Evidemment que l'on construisait à l'époque, il n'y avait rien.
La question aujourd'hui ne se pose pas en termes d'équipement, mais de choix politique.

08/07/08 - 01:39

certes, «à l'époque, il n'y avait rien»! il n'empêche qu'on avait pris les moyens de construire pour satisfaire le besoins. D e nos jours, ya déjà qqch, mais qui est très insuffisant. Et pourtant on construit bcp moins qu'avant alors qu'on est censé en avoir bien davantage les moyens!

M'enfin! «équipement, mais de choix politique»! les deux sont évidemment directement liés! Et, là, Delanoé est (me semble) mieux que Panafieu mais pas de bcp...



MAIS j'attire l'attention des lecteurs sur le fait que mon billet n'était PAS pour Delanoé ou Baupin mais simplement contre cet amas de conneries d'un automobiliste frustré qui se trouve éditorialiser au Monde...

11/07/08 - 11:03

texte un peu modifié pour éliminer tout soupçon de baupinisme.

Insistons: la question principale est que Jean-Louis Andreani, «Editorialiste», considère le droit à la voiture comme allant de soi.

Il fut un temps où l'on considérait comme allant de soi le droit de déverser ses eaux sales au milieu de la rue ou de jeter ses ordures par la fenêtre.

Nos contemporains considèrent encore comme allant de soi de pouvoir rejeter des gaz toxiques dans la ville et d'encombrer la rue.

15/07/08 - 00:32

CONDUIRE NUIT GRAVEMENT A LA SANTE ET A CELLE DE VOTRE ENTOURAGE.

Je parle de conduire quoi, à votre avis, et comment? Quels moyens de transport nous influencent comme des drogues, donnant un sentiment de puissance et de sécurité parfaitement illusoire, et détruisant à terme la santé de TOUS?

J'ai une idée sur les feux, pour respecter le principe d'égalité: en ville, où on est censé se montrer vigilants, respectueux et prêts à stopper, SUPPRIMONS LES FEUX VERTS!

Les plus gênés ne seront ni les cyclistes, ni les piétons, à mon avis.

16/07/08 - 19:16

Le velib c'est super, vraiment.
Le truc moins super c'est que subitement des gens qui ont fait trois fois du tricycle dans leur vie se mettent à caracoler avec légèreté sur les boulevards.

Quelques exemples de n'importe quoi ordinaire et quotidien :

- une minette grille un feu à fond la caisse avec son vélo. Absolument aucun moyen de la voir arriver. Elle ne voit pas davantage où elle met les roues. Si je démarre un dixième de seconde plus tôt elle passe par dessus ma voiture. J'ignore comment la voiture qui démarre en face parvient à l'éviter.

- l'automobiliste qui téléphone en conduisant est vraiment un sale con, le piéton qui traverse sans regarder en rédigeant des SMS n'est pas mieux.

- un type en mob, casque dans une main, téléphone dans l'autre, zigzague dans une conversation mouvementée au milieu de l'avenue de la République.

- on ne compte plus les motos qui fendent l'air entre deux files de voitures sur le périphérique surchargé

- n'oublions pas les scooters surpuissants qui vous doublent par le côté où vous tournez, bien que votre clignotant clignote depuis un moment

- comme chacun sait tout livreur de pizza vise le World Trade Center avec son airbus A320 de 49,9cm cube sans airbags. J'en ai ramassé un récemment, enroulé autour d'un poteau dans une marre de pizzas

- le sens interdit en vélo, je dis rien parce je ferais pareil, mais à une heure du mat sans lumière, non, définitivement non.

- la palme d'or revient sans doute au pilier de la famille occidentale, également connue sous le nom de "femme à poussette". Toute femme à poussette désire inconsciemment la mort du gniard qui la ruine en couches en faisant ses dents 24h/24.
La femme à poussette rigole avec ses copines sur son téléphone portable, jette la poussette au milieu de la rue et regarde ensuite, seulement ensuite, l'état de la circulation.

Je trouverais bien d'abaisser la vitesse à 40km/h dans Paris, moins de bruit, moins de consommation, moins de risques et vraisemblablement moins d'embouteillages.

Si je me souviens bien en Hollande les piétons se font buter par des vélos. Tapons gaiement sur l'automobiliste puisque c'est à la mode.

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